Arrêter de fumer : pas facile mais possible ! Il existe de nombreuses méthodes et de nombreux spécialistes pour vous aider à arrêter de fumer. Le plus compliqué, c’est de trouver la méthode qui vous convient et le bon moment pour l’appliquer ! La cigarette électronique, adoptée par 3 millions de français[1] est-elle une alternative sans danger ? On fait le point !

 

La cigarette électronique peut-elle aider à arrêter de fumer ?

La cigarette électronique (vapoteuse, terme plus approprié car ce n’est en aucun cas une cigarette) n’est officiellement pas reconnue comme une méthode d’arrêt du tabac. Cependant, en mai 2017, la Haute autorité de santé (HAS) précisait que « son utilisation ne sera pas déconseillée mais le patient sera accompagné dans sa démarche d’arrêt ou de réduction du tabagisme. »

Elle reste donc un produit commercial, dont l’innocuité à long terme n’est pas démontrée à ce jour, et qui semble même exposer ses utilisateurs à des substances toxiques (irritants et carcinogènes), sans commune mesure avec la fumée du tabac. Le manque de recul sur son utilisation ne permet pas de connaître les risques pour la santé à long terme.

C’est pourquoi son usage reste déconseillé, notamment pour les non-fumeurs, les mineurs et les femmes enceintes ou allaitantes.

Néanmoins, la toxicité de la vapoteuse étant a priori plus faible que celle de la cigarette traditionnelle, certains médecins tabacologues pensent qu’elle pourrait constituer une aide à l’arrêt du tabac pour les gros fumeurs : de façon exclusive, c’est-à-dire sans fumer de tabac (cigarette, pipe, cigare etc.).

Récemment, la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) a préconisé le recours au vapotage en période pré-opératoire : « l’usage de la cigarette électronique, alors que la population des fumeurs et ex-fumeurs qui y ont recours ne cesse d’augmenter, doit être considéré par les médecins anesthésistes réanimateurs comme une aide très positive en période préopératoire, cette dernière étant bien identifiée comme très favorable à la décision d’arrêt du tabac. »

 

Comment fonctionne une cigarette électronique ?

Une résistance électrique, alimentée par une batterie ou une pile, chauffe et vaporise un liquide contenu dans un réservoir rechargeable.

L’utilisateur inhale la vapeur qui se dégage par l’embout de la cigarette électronique.

Le liquide à vaporiser contient :

  • du propylène glycol et/ou du glycérol,
  • de la nicotine (mais sa présence n’est pas obligatoire),
  • un peu d’eau (environ 5%),
  • des arômes : il en existerait plus de 7764 selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Depuis avril 2016, il existe des normes encadrant la composition des liquides à vapoter en France. Sur le site de l’Association Française de Normalisation AFNOR) : « Publiées le 2 avril, les deux premières normes volontaires, dans le monde, sur les cigarettes électroniques et les e-liquides, établissent des critères de sécurité, de qualité et favorisent une meilleure information des consommateurs. Elles vont contribuer à la stabilisation du marché de la vape. ». On peut donc maintenant être certain de leur composition exacte.

 

Quels sont les risques de la cigarette électronique ?

  • la nicotine: elle a le plus grand pouvoir addictif parmi les drogues licites et illicites. Si elle n’est pas cancérogène, elle peut jouer le rôle de « promoteur de tumeur », observée chez l’animal. Certaines cigarettes électroniques délivrent des quantités importantes de nicotine et elles permettent de gérer la dépendance physique, tout en entretenant la dépendance comportementale : le fumeur continue ses « pauses clopes », il vapote en attendant son bus, etc.  Le choix du bon dosage de nicotine par le vapoteur est difficile : les distributeurs, qui sont avant tout des commerçants, se basent sur le nombre de cigarettes fumées. Or il faut aussi prendre en compte le dosage du monoxyde de carbone (CO) et le score de dépendance à la nicotine (test de Fagerström). Un médecin tabacologue pourra déterminer ces éléments avec précision et certitude,
  • la cigarette électronique peut dégager des substances irritantes, voire cancérigènes(surtout les premières générations de cigarettes électroniques, qui pouvaient contenir des nitrosamines), mais en bien moindres quantités que dans la fumée de cigarette,
  • le vapotage passif: dans les échantillons de vapeur des cigarettes électroniques, on trouve des résidus de propylène glycol, de glycérine (environ 75%), de l’eau (18%), parfois quelques traces d’arômes (moins de 7%), de la nicotine en faible quantité (moins de 2%). On découvre aussi quelques traces de toxines mais qui sont celles que l’on trouve habituellement dans l’air ambiant. Ce qui démontre que la vapeur de cigarette électronique n’apporte pas d’éléments toxiques à l’air et est donc inoffensive…

Une étude prospective (cohorte de 449 femmes enceintes) a été menée en 2017 dans une maternité de Dublin, en Irlande (McDonnell et al., 2020). Le poids de naissance des vapoteuses est identique à celui des non-fumeuses (3470 ± 535 grammes vs 3471 ± 504 grammes), alors qu’il est supérieur à celui des fumeuses de tabac (3470 ± 535 grammes vs 3166 ± 502 grammes).

Aucune différence entre les quatre groupes, en termes de durée de grossesse, score d’Apgar à la naissance et passage en unité de soins intensifs.

 

L’avis des experts sur la cigarette électronique

Faute d’études probantes sur l’intérêt et l’innocuité de l’e-cigarette dans le cadre du sevrage tabagique, un débat d’experts sème le trouble auprès des fumeurs et vapoteurs.

Dans son rapport publié fin aout 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que la brume dégagée par les cigarettes électroniques « n’est pas de la simple “vapeur d’eau” comme le prétendent souvent les stratégies de marketing de ces produits » et que « La plupart des inhalateurs électroniques de nicotine n’ont pas été testés par des scientifiques indépendants ». Elle précise également que « les rares tests réalisés révèlent d’importantes variations dans la nature de la toxicité des constituants et des émissions ». L’OMS rappelle que « la stratégie marketing de ces dispositifs risque de donner une image séduisante du tabagisme, d’attirer les enfants et les non-fumeurs » et recommande donc notamment de renforcer la réglementation encadrant la composition des e-fluides, et d’interdire la vente de cigarettes électroniques aux mineurs, estimant que leur consommation pose de « graves menaces » pour les adolescents.

Des tabacologues et spécialistes des addictions contestent les conclusions de ce rapport. Ils estiment que l’OMS exagère les risques et sous-estime son intérêt comme solution de rechange au tabac. « L’utilisation de la cigarette électronique pourrait sauver des millions de vies au cours de ce siècle et avoir l’impact de santé publique le plus important dans l’histoire de l’usage du tabac », explique le docteur Jacques Le Houezec, un spécialiste français du tabagisme et l’un des auteurs de l’article.

Lors du congrès de la Société française de tabacologie à Paris en 2014, une séance plénière a été consacrée à la eCigarette. Ainsi, il a été rappelé que si les cigarettes électroniques de 1ère génération pouvaient contenir des nitrosamines (substances cancérigènes), celles de 2ème et 3ème génération n’en contiennent plus. De plus, le recours à la cigarette électronique constitue une alternative aux traitements nicotiniques de substitution, dans le cadre d’une réduction des risques, à condition d’arrêter complètement de fumer.  En effet, continuer à fumer, même en réduisant sa consommation de tabac, et vapoter n’entraîne pas de réduction des risques pour la santé : l’arrêt total du tabac est donc nécessaire chez le vapoteur.

Source 

[1] Santé Publique France